Patrouille rurale

Patrouille rurale

jeudi 21 octobre 2010

En mon for intérieur

Ce billet aurait tout simplement pu s’intituler "Photo du jour" puisque c’est la photo ci-dessous qui m’a plu et qui m’a poussé à la présenter telle quelle.
Elle a été prise ce matin durant le cours destiné à préparer les élèves au concours de policier municipal qui se tiendra en janvier 2011 et auquel 31 élèves se sont inscrits.

En fin de matinée, la professeure a donné aux élèves un sujet de français, en l’occurrence celui du concours externe de gardien de police municipale de janvier 2003. Il s’agit d’un texte de Philippe Meyer, chroniqueur sur France Inter. C’est de ce texte que j’ai tiré l’expression "en mon for intérieur".

Comme ce texte m’a plu, je l’ai placé après la photo. Quoique datant de 1990, il me semble toujours d’actualité et en fera sûrement sourire beaucoup d'entre vous qui se sont trouvés dans la même situation ! :-)
Ce qui m’a par contre beaucoup moins plu (et, en mon for intérieur, très vexé), c’est que j’ai passé cette épreuve avec les élèves et que je n’ai obtenu qu’un très modeste 13,25/20. :-(
Certes, j'ai mis 15 minutes pour rendre ma copie (alors qu'une heure était impartie), mais quand même, je suis arrivé à faire deux contresens :-(



"Heureux habitants de l’Aude et des autres départements français, à l’annonce par Monsieur Quilès, ministre des Postes et Télécommunications, de la mécanisation des bureaux de poste, je suis sûr que nous avons partagé la même joie. Comme nous le savons tous, la machine offre de nombreux avantages sur l’homme : elle réduit le coût du travail, elle est disponible vingt-quatre heures par jour et elle diminue l’attente. D’ici peu, les vénérables officines des PTT de notre enfance – en tout cas de la mienne – seront peuplées de robots qui distribueront les timbres, affranchiront lettres et colis, délivreront des enveloppes rembourrées et des cartons à paquet. Grande était mon impatience de jouir de ces merveilles lorsque je m’avisai qu’elles existaient déjà dans certains bureaux de poste. Je courus à l’un d’entre eux. Les robots étaient là, à l’alignement, attendant de satisfaire les désirs des usagers.
J’optai d’abord pour l’achat d’un carnet de dix timbres à 2,30 francs. Disposant de cinq pièces de 10 francs, deux vieilles et trois neuves, prélevées sur mon maigre cachet, je m’apprêtais à en mettre trois dans la machine ad hoc. Pas de chance, une affichette manuscrite indiquait que le robot se refusait à avaler les nouvelles pièces de 10 francs. Peu importe, s’exclama mon for intérieur, allons au robot qui change la monnaie. Nous y allâmes. Mais cette machine-là ne concevait de se mettre dans la fente que des pièces de 5 francs. Sauf certains jours – comme hier – où le changeur de monnaie est surmonté d’un voyant rouge qui indique que l’appareil est vide.
Mon naturel n’est pas obstiné : si l’on ne peut pas nous fournir en timbre, dis-je à mon for intérieur, achetons-nous toujours une enveloppe rembourrée ou un carton à paquet ; il y a justement là un robot articulé qui en délivre neuf sortes, de 2 à 6,50 francs. Le tout est de savoir s’il faut lui faire l’offrande d’une pièce de 10 francs ancienne ou nouvelle. Ni l’une ni l’autre. L’appareil ne se nourrit que de pièces de 10, 20 ou 50 centimes, ou de 1, 2 et 5 francs.
Bon, commenta mon for intérieur, après tout, c’est carême, et tu n’as pas un besoin impérieux d’enveloppes rembourrées ou de carton à paquet. Va plutôt porter sur la machine automatique à affranchir cette enveloppe kraft rangée dans ton cartable et qui contient quelques documents que t’a très poliment demandés la Sécurité sociale. Je veux bien, ô mon for intérieur ! mais qui sait quelle sorte de pièce de 10 francs accepte cette noble machine. Les deux, indiquait une étiquette placée juste au-dessus d’une inscription bleu-vert où était écrit en cristaux liquides : « La machine ne rend plus la monnaie. » « Quand je vais raconter ça à mes auditeurs, murmuré-je à mon for intérieur, ils n’en croiront pas un mot. » […] Quand nous revîmes avec l’appoint le plus précisément exact, la machine à affranchir émettait un couinement électrique continu, et son écran s’était bloqué sur la somme de 6,25 francs, tandis que la fente à pièces s’était refermée pour une durée non prévisible.
Nous remarquâmes alors deux indications que nous n’avions pas vues. Premièrement, que la machine n’accepte pas, jamais, même quand elle est malade, les pièces de 20 centimes. Deuxièmement, qu’en cas de problème on n’avait qu’à s’adresser au guichet 14. Et qu’avons-nous trouvé derrière le guichet 14 ? Une autre machine ? Pas du tout. M. Quilès en personne, nous accueillant avec tendresse ? Pas davantage. Derrière le guichet 14, bien protégée par une vitre que je suppose pare-balles, tout simplement, nous avons trouvé une chaise ergonomique à roulettes avec personne assis dessus.
Je vous souhaite le bonjour !"

Philippe Meyer. Ça n’est pas pour me vanter @ Le Seuil. 1990

Déjà deux mois !

Voilà maintenant deux mois que j’entamais ce blog. J'étais alors un peu dubitatif sur le fait que j'ai matière chaque jour à trouver un thème et une photographie, d’autant que des collègues m’avaient prévenu que tenir un blog, c’est prenant, que l’inspiration n’est pas toujours présente et qu’il y a au fil des semaines une certaine difficulté à tenir le cap.
Soixante et un jours plus tard, l’inspiration ne m’a jamais fait défaut, preuve que le sujet est riche puisque j’ai déjà rédigé 90 billets avec autant de photos !
Souhaitons donc que le curseur reste bloqué au beau fixe, un beau fixe dont bénéficie à plein la p18 qui a pour le moment des conditions climatiques bien meilleures que celles rencontrées par les promotions 14 et 16. Ainsi le cours de topographie en extérieur d’hier s’est-il déroulé sous quelques rayons de soleil.
J’ai souvenir d’une sortie identique avec la p14 mais sous la pluie et avec beaucoup de boue :-(



mercredi 20 octobre 2010

Sous le signe de la boussole

Une journée sous le signe de la boussole. Avec en complément à l’affiche dans les rôles secondaires, l’azimut, le grade, le degré, le kilomètre, la carte IGN et le nord géographique.

Première interrogation aussi, premières notes et premiers grincements de dents, avec des notes qui s’étagent de 1,5/20 à 19/20. Un tiers de la promotion a plus de 15/20, preuve d'un bon niveau.
L’interrogation ne compte pas dans la note finale … mais le professeur comme le directeur se sont intéressés de près aux résultats. Pour les uns, c’est bien parti. Pour les autres, il est urgent de rectifier le tir. Il leur suffit maintenant de caler l’aiguille de la boussole sur la direction : « J’apprends mes leçons » !



De plomb et d'acier

Quatre heures consacrées au cours d’environnement, axé sur la chasse, en début de soirée hier. Cours très intéressant sur les armes de chasse, la sécurité et les modes de chasse.

J’y ai par exemple appris que l’on ne peut plus depuis 2006 –directive européenne datant de 1979 (!) oblige– tirer à la grenaille de plomb au bord d’un étang (dans un rayon de 30 mètres), sauf si l’on tourne le dos à la pièce d’eau quand on tire. Seule la grenaille d’acier est autorisée, le plomb pouvant polluer l’eau et être avalé par les canards qui, naturellement, ingurgitent de petits graviers. On peut cependant tirer à la grenaille de plomb si l’on est à 31 mètres de l’étang, y compris en visant en direction de l’eau.
La grenaille d’acier n’a pas du tout la même densité que la grenaille de plomb (7,88 pour l'acier contre 11,3 pour le plomb) : elle blesse donc plus qu’elle ne tue, elle va aussi moins loin. Un plomb de calibre 3, nécessaire pour tuer un canard, parcourt jusqu’à 200 m, soit largement au-delà des 30 mètres réglementairement prévus.
Un chasseur aura donc tout intérêt à se placer à 35 mètres de l’étang en tirant avec de la grenaille de plomb un canard qui s’y trouve plutôt qu’à 25 mètres de l’eau en utilisant de la grenaille d’acier.
On se demande bien quel fonctionnaire a pu pondre une telle mesure !

mardi 19 octobre 2010

Formation civique

Ce matin, trois heures de cours sur les institutions françaises et l’organisation de l’Etat français. Ouh là là … !
Alors que l’on ne parle que de projet de loi (sur les retraites) –à ne pas confondre avec une proposition de loi–, de gouvernement, de ministre du Travail, d’Assemblée Nationale et de vote au Sénat sur toutes les ondes radio, sites web d’information et à la Une des journaux, l’absence réelle de formation –à la va vite en cours d’instruction civique au collège pour les mieux lotis– fait que les élèves découvrent les détails d’un monde qui pourtant les entoure au quotidien … et qu’ils disposent d’un droit de vote qu’ils ont pour la plupart tous utilisé lors des dernières élections régionales.
N’y a-t-il pas comme un gros manque dans la formation civique des jeunes d’aujourd’hui ?

Merci aux mains d’Amélia et de Pauline (en pleine prise de note) pour l’illustration !

Major !

Dans les messages que j’échange avec les élèves, il en est parfois qui se démarquent totalement. Tel celui reçu avant-hier. Duquel j’ai retenu cette phrase :
« Je vais continuer de me donner à fond dans cette promo et montrer le meilleur de moi même. Je n'ai qu'une idée en tête : c'est de sortir major de cette promo. ».
Je n’avais jamais entendu cette volonté avec la p14. Et ça fait vraiment plaisir de voir une élève se lancer un défi de cette importance !
Alors rendez-vous dans 191 jours pour donner le nom de l'heureuse lauréate.
:-)

lundi 18 octobre 2010

La belette et l'hermine

Quel est le point commun entre la marte, le putois, la fouine, la belette et l’hermine (hormis le fait que ce sont des mustélidés) ?
Eh bien, voilà ce qu’ont appris les élèves ce soir lors du cours d’environnement : leur commercialisation est impossible en tant que gibier !

Cours fort intéressant que ce cours d’environnement, mais cours difficile car en soirée et avec beaucoup de choses à comprendre et à surtout retenir. Et pour les élèves de garde qui ont débuté leur journée à 07h00, la terminer à 21h30 est relativement fatiguant. D’autant qu’il faut remettre le même couvert demain !

Et une élève possède un mustélidé pour illustrer mon propos :-)
Si ce n'est pas de la chance !!!

Une semaine en images (4)

Les élèves entament leur septième semaine à l’école avec la découverte d’un nouveau cours ce lundi, l’environnement.
En attendant le compte rendu des péripéties de cette semaine qui débute, voici l’album photo qui résume la quatrième semaine. C’est ici.



dimanche 17 octobre 2010

Fêlé

Je savais en me lançant dans cet ouvrage que j’abordais quelque chose de long, complexe, prenant et qu’arriver au bout allait demander une certaine volonté.
Au terme des six premières semaines, je suis déjà sur les rotules. Suivant les semaines, j’ai consacré entre 70 et 95 heures par semaine à mon travail. Mais il me faudrait deux à trois bonnes heures de plus chaque jour pour arriver à boucler mon job de façon à peu près correcte :-(
J’ai déjà par le passé eu des semaines de cette importance, voire même plus, mais ça n’a jamais duré aussi longtemps.
Pourtant si la fatigue devient difficilement gérable, la lassitude ne m’emporte pas : le même enthousiasme continue à m’animer, quoique certaines poussières dans les rouages soient assez difficiles à ôter (message personnel inside …)

Je tiens donc à remercier tous ceux qui me lisent fidélement et régulièrement au quotidien. Je reste très étonné du nombre de lecteurs (150/jour) de ce qui ne devait être au départ qu’un blog destiné à présenter mon travail et à adresser au moins une photo par jour aux élèves.
Je tiens aussi à remercier tous les élèves –et leurs parents– qui m’adressent des messages de soutien, d’encouragements ou de félicitation. Franchement, merci ! Parce qu’il n’y a pas un jour sans une parole ou un écrit qui m’aide à garder le sourire, un mot qui me m’aide à croire que mes photos sont parfois suffisamment fêlées pour laisser passer un peu de lumière dans la vie de celles et ceux qui les regardent :-)

Sur les prés de l'école, un peu de lumière à travers les nuages picards :

Zéro ! – Bienvenue en Picardie (3)

Après la pluie dès le 8 septembre, les odeurs de betteraves et la chute importante des températures depuis quelques jours, ce matin les élèves de garde ont découvert les premières vraies rigueurs régionales avec un petit zéro degré à 08h00 du matin au moment de prendre la garde.
Là, ça commence à devenir plus difficile d’accomplir les travaux de la garde :-(
Et la rosée a eu un certain mal à abandonner son statut givré.



Quant à Thibault, au pinceau sur les nouveaux boxes, l’activité peu physique lui a donné loisir à méditer sur les prochaines rigueurs hivernales.

Joker

Samedi 15 octobre. L’école baigne dans sa torpeur de fin de semaine. Les élèves de garde gardent. Les autres peuvent venir s’occuper de leur cheval. En fin de matinée, Marion est de sortie sur Joker.



samedi 16 octobre 2010

Bonne humeur

Au terme de chaque jour, j’aime bien pour chasser la grisaille ambiante (les nuages bas de Picardie, les infos à la radio, l’état de mes finances, le comportement de certaines personnes, …) retenir une image positive de ma journée afin de pouvoir avoir une raison de plus de croire en demain.

Pour la journée d’hier, c’est cette photo que j’ai retenue : trois élèves souriantes malgré un travail fatiguant –et salement odoriférant !– au tas de fumier.
J'ai eu du mal à sélectionner une photo, les élèves de garde ayant travaillé dans beaucoup de bonne humeur :-)

vendredi 15 octobre 2010

Photo du jour (3)

Cette fois, la photo du jour est vraiment du jour, en l’occurrence Anaïs ce matin à la longe avec Jasmine.
Tout est flou, sauf la jument. C'est volontaire :-)

Journée sans cours, mais les élèves qui le souhaitaient pouvaient venir monter ou longer leur monture.

Chevaux de feu

Certains élèves qui passent par l’école de gardes à cheval choisissent la gendarmerie nationale. Quelques unes d’entres elles se retrouvent en police d’autoroute, telle Capucine qui a patrouillé cet été en Subaru Impreza WRX sur l’autoroute A26 avant d’intégrer la brigade équestre de Compiègne.
C’est officiel depuis cet après-midi, Renault a gagné l’appel d’offre lancé par la gendarmerie nationale pour remplacer sa flotte de véhicules rapides d’intervention composée de Subaru mais trop chères à entretenir et finalement presque toutes disparues de la circulation. Renault livrera donc dès fin 2010 soixante-dix Mégane RS aux couleurs de la gendarmerie.
Les contrevenants n'ont qu'à bien se tenir : la gendarmerie a porté son choix sur la version "châssis cup" qui offre un comportement très précis, notamment en conduite rapide, aidé par un différentiel à glissement limité performant et des pneumatiques de 18’’ assurant un transfert de la puissance moteur dans les meilleures conditions. Les caractéristiques mécaniques, du moteur en particulier, ont été adaptées pour répondre aux demandes spécifiques d’accélération et de vitesse, nécessaires aux missions d’intervention de la gendarmerie. Reste maintenant à former les gendarmes à la conduite de telles autos.

La Renault Mégane RS a supplanté la Ford RS, aussi en lice, grâce à de meilleures accélérations. Cocorico ! La Mégane passe de 0 à 100 km/h en seulement 5,8 secondes. C'est certes (très) rapide mais il y a sur le marché 1670 autos qui accélèrent encore plus fort. :-(

Voici donc ce que vous risquez de voir arriver dans vos rétroviseurs si vous contrevenez aux limitations de vitesse sur autoroute. Souriez, ce peut-être une élève de l’école au volant :-)

jeudi 14 octobre 2010

Cric cric !

"Cric cric !
Cric crac !
Crac boum !
Et le cricri tomba dans l’eau !!!"

Séance de manœuvres à pied cet après-midi avec tout le bataillon qui devait marcher au pas. Comme ça discutait un peu trop dans les rangs au goût de l’instructeur, les élèves ont dû accomplir plusieurs fois l’aller-retour entre le silo et l’arbre en boule.
Afin de garder le tempo, c’est le barde Thibault qui a été chargé de donner la mesure … en chanson.