Patrouille rurale

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jeudi 24 mars 2011

Retour au port

Nous sommes partis du port le 6 septembre 2010. Nous étions alors 34. Je savais que la traversée allait être longue, difficile mais riche d’enseignements. Je savais aussi que je ne serai peut-être pas le dernier à tomber à l’eau.

Au moment où nous touchons le port au terme d’une traversée d’exactement 200 jours, c’est avec peine que je regrette la disparition de trois d’entre nous. D’ailleurs à deux reprises, je suis moi-même tombé à l’eau et à deux reprises quelques camarades m’ont repêché !
Je constate aussi avec une profonde déception que les valeurs inculquées par le capitaine LA SALA, à savoir le partage, la solidarité, la pondération et l'engagement n’ont pas été retenues et appliquées par un grand nombre.
Je déplore aussi avec amertume que des nuages omniprésents d’embruns (palabres, on-dit, jalousies puériles, gamineries stupides, …) aient littéralement vérolé la traversée. Sans compter quelques coups durs (comportements égoïstes, tensions, claques, …) qui ont parfois rendu l’atmosphère en cale assez irrespirable.
Au moment de relever les filets, la pêche est maigre puisque seulement deux moussaillons ont réussi les premières épreuves du concours passé et que seulement trois autres ont passé les premières longueurs de l’examen de sous-officier. Maigre, très maigre alors que je maintiens que cette pêche aurait pu être nettement plus fructueuse !

Le port est donc atteint après 27 semaines et 4 jours d’un voyage au cours duquel, et jusqu’à apercevoir les côtes hier, les vrais caractères se sont révélés. Plus souvent sur leur aspect négatif que positif d’ailleurs.
Pour beaucoup, ce fut –et ce restera– une grande leçon de vie.

Pour certains, la traversée sera sans lendemain. A ceux-là, je souhaite bon vent sur les autres routes de la vie !
Pour d’autres, tous ceux qui n’ont pas su (ou pas voulu) suivre les lumières du phare LA SALA, une autre traversée commence. Il va leur falloir apprendre à ramer seuls, à ramer fort parce que maintenant ils sont seuls face à des vents qui risquent parfois d’être sérieusement contraires.
Pour les derniers, malheureusement une petite poignée, après une traversée réussie, un nouveau voyage débute, dans la continuité du premier. Je le leur souhaite aussi fructueux !

Enfin pour moi, j’ai croisé durant ce périple une île paradisiaque. Si tant est qu’il ne m’en reste qu’un souvenir, ce seul souvenir illuminera d’or les semaines, les mois et sûrement les années à venir !


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